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des Foire aux questions

L’Analyse du Cycle de Vie

 

A quoi sert une ACV ?

L’ACV présente une vision globale des impacts générés par les produits, déclinée selon différentes simulations.

  • Comparer

La méthode ACV permet de restituer la complexité de l’environnement et d’éviter des choix qui auraient pour conséquence de dégrader des milieux qui n’avaient pas été considérés, ou de déplacer les impacts d’une étape du cycle de vie à une autre. Par exemple, avec l’ACV, on peut comparer deux produits ayant la même fonction (par exemple un rasoir classique et un jetable) ; deux produits différents ayant la même fonction (une voiture et un bus) ou encore un bien et un service « dématérialisé » (un courrier postal et un e-mail).

  • Éviter le risque de transfert d’impact

L’intérêt de l’ACV est d’évaluer plusieurs natures d’impacts environnementaux et toutes les étapes du cycle de vie. Lors d’une comparaison, elle pourra montrer qu’un produit a moins d’impact qu’un autre à l’aune d’un critère (les émissions de gaz à effet de serre, par exemple), mais en a davantage sur un autre critère (l’acidification de l’air, par exemple)… L’ACV peut aussi souligner qu’un gain à une étape de cycle de vie peut avoir des conséquences dégradant une autre étape ! Par exemple, améliorer l’isolation d’un réfrigérateur permet de diminuer la consommation d’énergie en phase d’utilisation, mais peut nécessiter d’utiliser plus de matériaux ou des matériaux plus toxiques (d’où un impact plus important de la phase de production en termes d’épuisement des ressources ou de toxicité). Dans ce cas de figure, en diminuant l’impact environnemental au niveau des matières premières, on l’a augmenté au niveau de la fabrication et de l’utilisation.

Pour en savoir plus : site ADEME

Comment réalise-t-on une ACV ?

L’analyse du cycle de vie s’articule autour de quatre étapes selon les normes ISO 14040 et 14044 :

1- Définition des objectifs et du champ de l’étude

Il s’agit de préciser les objectifs de l’ACV, l’application qui en sera faite ainsi que la cible de l’étude et la manière dont seront divulgués les résultats. C’est lors de cette étape que sera définie l’unité fonctionnelle, c’est-à-dire l’unité de mesure utilisée pour évaluer le service rendu par le produit. De la même manière que pour comparer le prix de deux fruits un consommateur ramène les prix au kilo, pour comparer les impacts environnementaux de deux produits, on ramènera les impacts à une unité de mesure commune. Une juste définition de l’unité fonctionnelle est indispensable pour rendre les résultats de l’ACV opérationnels et pertinents. Ainsi, le résultat de l’ACV quantifiera les impacts réels des deux produits comparés.

2- Inventaire de cycle de vie

L’ICV consiste à dresser l’inventaire des flux de matières et d’énergies entrants et sortants, associés aux étapes du cycle de vie rapporté à l’unité fonctionnelle retenue. L’inventaire est donc une comptabilité analytique des flux. Pour cela, deux types de données sont collectées : les facteurs d’activité (kWh consommés, km parcourus, tonnes transportées…) et les facteurs d’émission (g de NOx émis dans l’air, g de PO4 émis dans l’eau…). L’inventaire est généralement effectué à l’aide d’un logiciel d’ACV.

3- Evaluation des impacts potentiels

Différentes façons existent pour caractériser les flux inventoriés en indicateurs d’impact environnemental de différents niveaux :

  • les plus reconnues et utilisées aujourd’hui caractérisent les flux en indicateurs d’impacts potentiels (ou « midpoint ») ;
  • d’autres vont à un second niveau de caractérisation pour obtenir des indicateurs de dommages potentiels (ou « endpoint »). Ces méthodes facilitent la compréhension et l’utilisation des résultats en raison de la moindre quantité d’indicateurs, en général au nombre de quatre (par exemple le risque sur la santé humaine, le risque pour les écosystèmes, etc.), mais sont moins reconnues du fait d’une moindre robustesse scientifique.

4- Interprétation des résultats

Cette étape est itérative avec les trois précédentes, de manière à toujours valider que les résultats obtenus répondent aux objectifs de l’étude (par exemple, il arrive que la non-disponibilité de certaines données puisse conduire, en cours d’étude, à restreindre le champ de l’étude). C’est également ici que l’on évaluera la robustesse des résultats.

Pour en savoir plus : site ADEME

Pourquoi faire une ACV ?

Elle permet aux entreprises et aux territoires de :

  • anticiper / respecter la réglementation,
  • mieux maîtriser les risques et les coûts liés au cycle de vie des produits et activités,
  • innover sur les fonctionnalités et améliorer la qualité de produits et d’activités,
  • faire des choix selon une approche reconnue scientifiquement et normée,
  • anticiper les attentes du marché au niveau environnemental,
  • encourager des modes de production et de consommation plus durables,
  • mesurer et démontrer les avantages environnementaux pour être plus lisible dans sa communication et ainsi se différencier sur le marché,
  • s’assurer que les efforts d’amélioration se focalisent là où l’impact est le plus important.

Quels sont les champs/potentialités couverts par l’ACV?

Au niveau industriel, l’ACV apporte son éclairage pour le choix de conception et d’amélioration de produits, choix de procédés :

  • Eco-conception pour l’évaluation et l’amélioration de la performance environnementale d’un produit
  • Fabrication pour la réduction des matériaux pour la fabrication et faciliter le recyclage
  • Utilisation avec la réduction de la consommation d’énergie
  • Fin de vie pour la réutilisation ou le recyclage des matériaux utilisés
  • Comparaison des produits au sein d’une même entreprise
  • Planification stratégique, management environnemental, prise de décision
  • Développement des normes.


Pour les politiques publiques : l’ACV apporte son éclairage pour le choix de filières de valorisation, de critères d’éco-labellisation des produits…

 


L’ACV sociale

Quel est l’intérêt pour une entreprise de mettre en oeuvre une ACV sociale ?

Une étude par ACV sociale se pratique sur une filière toute entière (ou sur une partie importante d’une filière) dans laquelle intervient l’entreprise. L’objectif de l’ACV sociale est de mettre en lumière les conséquences sociales des changements que l’entreprise voudrait entreprendre sur l’ensemble de la filière. De cette manière, l’entreprise aura des éléments sociaux pour choisir entre plusieurs scénarios, en outre de tous les éléments habituellement pris en compte (faisabilité, financiers, écologiques…).

Quels sont les principes qui permettent d’anticiper les impacts des changements opérés dans la filière par l’entreprise ?

Il existe différentes façons d’anticiper les impacts. On peut recourir à des experts (capables de prévoir ce qui va se passer si tel changement intervient…) ou à l’ensemble des parties prenantes de la filière. Une autre méthode consiste à démontrer l’existence de relations d’impact dans le passé, et à rechercher sous quelles conditions elles continueront à s’exercer à l’avenir. Les travaux de la Chaire s’inscrivent dans cette deuxième perspective de recherche des relations d’impact.

Quels sont les impacts que l’on peut évaluer par anticipation ?

Actuellement, et sous réserve de disposer des données pertinentes, les chercheurs savent calculer par anticipation les changements de l’accessibilité d’un bien (produit sanitaire, nourriture) pour les usagers, certains changements dans la santé générale d’une population, et certains changements dans la santé des travailleurs de la filière. Bien entendu, on ne saura jamais tout anticiper. Ces évaluations donnent des indications sur les différents scénarios envisagés, mais ne pourront jamais décrire totalement la situation future.

 

 


Autres

En quoi l’ACV est différente des autres méthodes d’évaluation environnementales ?

L’ACV est une méthode d’évaluation qui permet une large perspective holistique du cycle de vie d’un produit ou d’un procédé. Le cycle de vie prend en compte l’ensemble des étapes clés de la vie d’un produit : la conception, la fabrication avec les impacts des matières utilisées, le transport du produit, son utilisation, son entretien, et l’élimination finale après utilisation. Chaque étape est analysée en fonction des flux de matières et d’énergies qui lui est nécessaire.

L’ACV ne se cantonne donc pas à une seule étape du processus de fabrication. Elle permet la comparaison quantifiée de différents scénario et d’identifier les déplacements de pollution d’un milieu naturel vers un autre, ou bien d’une étape du cycle de vie vers une autre. En cela, elle peut donc aider à mieux discerner les arbitrages pertinents lors d’une prise de décision.

Quel est le coût d’une ACV ?

 

Comment choisir un logiciel ?

Il existe nombreux logiciels pour effectuer une ACV, généralistes et spécialistes et plus ou moins poussés dans leur capacité de modélisation. Le choix d’un logiciel d’ACV devrait être fait par rapport au domaine d’application du logiciel, par rapport aux compétences de l’équipe qui réalise l’étude, aux types d’applications possibles, et notamment sur les divers critères relatifs à la modélisation des données et du cycle de vie du produit étudié.

 

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